"Quels sont les problèmes quand on parle de réserves?"
Jean Laherrère e-mail: jean.laherrere@wanadoo.fr
site: http://www.oilcrisis.com/laherrere
Conférence AFTP du 31 Mars
1999 "Estimation des réserves et réduction de l'incertitude"
Pétrole et Techniques n°423
Nov./Dec. 1999 p37-47
Généralités
Les réserves sont la
future production escomptée avec des hypothèses sur les paramètres:
géologiques, physiques, techniques, investissements (schéma de production),
prix du brut, coûts et fiscalité
Les estimations internes
sont nombreuses suivant les auteurs et variables avec le temps, avec pour
objectif de savoir ce que l'on a découvert et de ce que l'on va produire.
Les publications sur
l'extérieur ne représentent pas forcément la meilleure estimation interne et la
plus récente. L'objectif est de paraître, soit riche, soit pauvre, soit
performant suivant les besoins.
La confidentialité est le
prétexte pour ne publier que ce que l'on juge le mieux pour l'image de la
compagnie ou du pays (OPEP où elle serait sans nécessité puisque monopole, mais
les quotas conduisent à paraître riche).
Les réserves récupérables
sont un pléonasme, car si elles ne le sont pas; elles sont des ressources et
non des réserves
Les réserves restantes
doivent être suivies d'une date.
Les réserves initiales (ou
globales ou ultimes) correspondent à la somme de la production cumulée et des
réserves restantes, elles varient au cours du temps en fonction des
connaissances.
Définition
Il n'y a pas de consensus.
Les définitions SPE/WPC
1997 sont ambiguës, contradictoires et incomplètes.
Chacun garde ses
pratiques, comme en France après les définitions 1990 de la Commission
Exploration du Comité des Techniciens: la pratique Total a continué d'être
différente de la pratique Elf.
Commentaires des
meilleurs experts:
"There are currently
almost as many definitions for reserves as there are evaluators, oil and gas
companies, securities commissions and government departments. Each one uses its
own version of the definitions for its own purposes" DeSorcy
1993
"The resource base
[of the former Soviet Union] appeared to be strongly exaggerated due to
inclusion of reserves and resources that are neither reliable nor
technologically nor economically viable" Khalimov 1993
"An industry that
prides itself on its use of science, technology and frontier risk assessment
finds itself in the 1990s with a reserve definition more reminiscent of the
1890s" "illegal addition
of proved reserves" Capen
1996
"Why our reserves
definition don't work anymore" Caldwell 1996
"Virtual reserves -
and other measures designed to confuse the investing public" Tobin
1996
"The term
"reserves" often is treated as if it were synonymous with
"proved reserves". This practice completely ignores the fact that any
prudent operator will have, at least internally, estimates of probable and
possible reserves"
Ross 1998
Exemples de champs: UK, US et FSU
Le
champ de Forties en Grande-Bretagne n'a vu augmenter ses réserves ultimes qu'en
1987 de 2 Gb à 2.5 Gb (figure 1), alors qu'elles auraient dû être augmentées à
2.7 Gb dés 1986. L'augmentation a été justifiée par l'introduction d'une
nouvelle technique et d'une nouvelle plateforme: ces 2 moyens supplémentaires
n'ont pas augmenté les réserves (comme on peut le voir figure 2 sur la courbe
de déclin: production annuelle en fonction de la production cumulée), ils ont
simplement augmenté la production pendant deux ans avant de retrouver le déclin
normal.
Figure
1

Figure 2

Les réserves ultimes du
plus grand champ des EU hors Alaska East Texas ont augmenté de 5,1 Gb à 6 Gb de
1970 à 1991 pour ensuite descendre à 5,4 Gb (figure 3) de 1992 à actuellement.
La courbe de déclin (figure 4) était de 5%/a s de 1970 à 1990 pour passer à un
déclin double de 10%/a. La figure 5 montre que cette augmentation de ce déclin
est la combinaison d'un déclin constant du nombre de puits (d'environ 20 000 en
1960 à environ 5000 actuellement) et d'un déclin accéléré de la productivité
par puits (15 b/d/w à 5 b/d/w)
Figure 3

Figure 4

Figure 5

Le champ d'huile lourde de
Wilmington (Californie) est aussi instructif. Ce champ a dû être unitisé pour
installer une injection d'eau importante pour combattre la subsidence du sol
qui a atteint plus de 8 mètres en 1970. Les réserves ultimes (figure 6) ont
monté de 1,2 Gb à 2,6 Gb lors de l'unitisation, pour redescendre à 2,4 Gb pour
un déclin de 6%/a et pour remonter à 2,8 Gb en 1986 lors de l'introduction du
steamflood. En fait cette technique n'a pas fait diminuer le déclin, ni même
l'apparition de puits horizontaux comme le montre la figure 7. L'estimation à 2,8
Gb aurait dû être donnée dés 1975.
Figure 6:

Figure 7

Le plus grand champ de
l'ex-Urss Samotlor a eu des réserves ultimes estimées avec un taux de
récupération maximum théorique de 50% à 27 Gb. Le déclin dés 1982 a été de
l'ordre de 6%/a (figure 8). Il faut éliminer les années de 1990 à 1996 à cause
des problèmes logistiques. Les prévisions de production par Halliburton (OGJ
Nov. 30, 1998) avec plus de 4500 nouveaux puits dont 2300 horizontaux ne
permettront que de revenir au déclin initial avec des réserves ultimes de
l'ordre de 20 Gb alors que les réserves affichées sont encore à 24 Gb. Ce
"field growth" négatif est à attendre de la plupart des champs de la
CEI suivant les déclarations de Khalimov (1993) sur les réserves grossièrement
exagérées. Khalimov sait de quoi il parle puisqu'il avait présenté cette
classification au WPC 1979.
Figure 8
Le deuxième champ de la
CEI Romashkino confirme cette diminution (figure 9). Le déclin
actuel est
de 8%/a malgré l'introduction d'EOR (utilisation de polymères)
Figure 9:

Publications
des réserves mondiales
-OGJ
publie (en avance) les réserves prouvées pour la fin de l'année par pays en Mb
une semaine auparavant. Il n'y a pas de correction de l'année précédente et ces
chiffres sont repris par BP Review. Ils deviennent ainsi des valeurs
quasi-officielles, prises comme la réalité par la plupart des économistes.
Lynch et Alderman confondent ainsi les réserves "Non-OPEC" avec
celles de "NON-OPEC excluding FSU" car c'est ainsi qu'elles sont
présentées par BPR (avec un petit astérisque peu lisible).
-World
Oil publie les réserves prouvées par pays en Mb en août avec la correction de
l'année précédente.
Pour les 2 magazines
(leurs valeurs très différentes sont reprises par USDOE/EIA dans son rapport
annuel sans commentaires), les réserves prouvées du monde sont la somme des
réserves prouvées par pays, ce qui est une erreur grossière.
-Petroconsultants
commercialise le seul fichier mondial (hors Amérique du Nord) par champ en
donnant (entre autres) la valeur prouvée+probable définie comme ayant une
probabilité de 50%. Les valeurs de Petroconsultants ont été utilisées par USGS
dans son dernier rapport sur les réserves mondiales (97-463) avec un total des
découvertes dans le monde (1996) égal à 1607 Gb à comparer au rapport USGS 1994
de 1802 Gb.
La comparaison des
réserves restantes prouvées OGJ et WO avec les réserves restantes
prouvées+probables ramenées à la date de découverte (backdating) de
Pétroconsultants est édifiante.
Pour la CEI (FSU) World
Oil a de 1991 à 1995 ajouté les réserves probables pour revenir aux seules
réserves prouvées qui sont conservatrices (figure 10). Mais les valeurs
officielles rapportées par Petroconsultants comme prouvées+probables sont trop
optimistes. L'étude des déclins des champs les plus importants et du total
global montre que les réserves restantes moyennes sont inférieures à 100 Gb.
Figure 10:

Les pays comme le
Venezuela (OPEC) et le Mexique ont des réserves déclarées prouvées très
optimistes pour influencer soit les quotas (OPEC) soit le FMI pour les prêts
(figure 11) La valeur prouvée+probable de Petroconsultants est de l'ordre de la
moitié.
Figure 11:

Même les pays où tout est
supposé public comme la Grande-Bretagne et la Norvège ont des réserves publiées
par OGJ et WO très différentes (figure 12). Ceci montre bien l'aberration de
ces réserves dites prouvées.
Figure 12:

Les réserves restantes
mondiales peuvent être extrapolées de façon très différente suivant les sources
(figure 13). L'extrapolation de OGJ est une faible augmentation, celle de WO
est en diminution très notable et celle de Petroconsultants une diminution
moyenne.
Figure 13:

Approche
L'approche
déterministe se base sur le "best estimate" et est publiée comme
satisfaisant les régles SEC de "reasonable certainty".
Le "reasonable
certainty to exist" de la SEC ne doit pas être identique au
"reasonable certainty of no harm" de la FDA qui autorise la vente
d'un produit comestible. Les révisions des réserves US des 10 dernières années
montre que le prouvé correspond à une probabilité de l'ordre de 65% (soit le
mode ou le plus probable).
Cette approche conduit à
une seule valeur.
L'approche
probabiliste correspond à une estimation des probabilités de chaque paramètre
et à celle du champ soit par simulation de Monte-Carlo ou autre.
Cette approche conduit à
fourchette de trois valeurs: minimum (ou P90), moyenne (ou mode ou médian),
maximum (ou P10).
La
valeur médiane est la moins intéressante, mais la plus utilisée, car beaucoup
ne comprennent pas ce que représentent le mode et la moyenne (valeur espérée)
et pensent que c'est la même chose.
En Mer du Nord suivant les
" UK accounting procedures" c'est la valeur prouvée+probable
correspondant à une probabilité de 50% qui est retenue.
Probabilité
subjective Aversion au risque
Chaque champ est unique et
il n'y a pas de méthode pour obtenir une probabilité vraiment objective
Chacun estime suivant son
expérience et son aversion au risque.
-l'explorateur,
est optimiste, car il est habitué à forer des puits secs et il a le droit de se
tromper au moins 8 fois sur 10.
-le
producteur ou l'ingénieur réservoir est conservateur, car il est un expert et
un expert ne doit pas se tromper.
En proposant la valeur
moyenne (mean), statistiquement on ne se trompe guère sur le volume moyen d'un
grand nombre de champs, mais on se trompe (trop optimiste) 60% des fois,
situation que refusent de nombreux pétroliers.
Un champ de petite taille
est généralement surestimé par peur qu'il soit rejeté.
Un champ de grande taille
est généralement sous-estimé par peur de paraître trop optimiste.
Addition
et multiplication
Les réserves prouvées
(probabilité élevée de 90%) d'un pays ne sont pas la somme des réserves
prouvées des champs qui est une valeur sous-évaluée.
Seule la somme des
réserves moyennes (mean = probabilité de 40%) correspond aux réserves moyennes
du pays
Les réserves prouvées d'un
champ ne sont pas le produit des paramètres prouvés de ce champ qui est une
valeur surévaluée.
Seul le produit des
paramètres les plus probables (mode) d'un champ correspond aux réserves les
plus probables de ce champ
L'addition des réserves
prouvées par pays pour donner les réserves prouvées du monde est pratiquée par
tous. En fait, alors que chacun croit que prouvé correspond à 90% (règles
SPE/WPC), le prouvé correspond à une probabilité de l'ordre de 65% et la somme
est plus représentative. De plus on ajoute de nombreux champs non développés
qui risquent de le rester longtemps, ce qui compense la sous-estimation de
l'addition des soi-disantes prouvées.
Domaine
Pour
le produit, il y a souvent confusion entre le brut seul et les liquides qui
incluent les liquides de gaz et les non-conventionnels.
BP Review donne les
réserves sans l'huile synthétique des sables bitumineux alors que la production
l'inclût. La limite du non-conventionnel est floue et les inventaires
difficiles.
Pour
la zone géographique, la coupure par pays l'emporte. Alors que pour évaluer le
potentiel, il est préférable de travailler par bassin géologique génétique
(Petroleum System) et non par bassin tectonique comme souvent pratiqué dans le
passé.
Un champ découvert dans un
pays et s'étendant sur un autre pays est très souvent déclaré un nouveau champ
lorsque foré sur ce pays. Le champ de gaz de South Pars (255 Tcf, 7,8 Gb
condensat) en Iran est déclaré découvert en 1991 alors que c'est l'extension
évidente de North Field au Qatar (350 Tcf, 10,7 Gb condensat) découvert en
1971. L'année 1991 est ainsi gonflée côté découverte!
Pour
les périodes de temps, les données étant mauvaises et difficiles à rassembler,
les statistiques sont souvent données sur une courte période. Il faut couvrir
toute la période depuis le début des découvertes et de la production, sinon les
comparaisons de croissance peuvent être trompeuses
Contraintes
financières et politiques
La SEC (Security & Exchange Commission) oblige toutes les
compagnies enregistrées à la bourse américaine de ne déclarer que les réserves
prouvées. On ne doit pas déclarer les réserves probables. Sur le web, la
quasi-totalité des compagnies pétrolières ne déclare donc que les réserves
prouvées sauf:
-Exxon
qui déclare que ses prouvées ne représentent que 30% de ses découvertes
-Total
80%
-NDP
et Saga 70%
La plupart des pays de l'OPEP, où les quotas sont proportionnels
aux réserves et à la population, ont
doublé leurs réserves de 1987 à 1989 sans découvertes importantes. Ils
sont passés d'une évaluation minimale (du temps des compagnies internationales)
à une évaluation maximale.
US
contre le reste du monde
Comme pour les cartes de
crédit, les US ont été longtemps à la pointe et sont maintenant à la traîne
pour les pratiques pétrolières, notamment à cause des règles SEC.
Les consultants texans,
qui sont très influents auprès de la SPE, ne travaillent qu'en pratique
déterministe, car ils ignorent les probabilités. C'est pour cela que les
approches probabilistes ont été freinées aux US.
L'obligation de ne
déclarer que les prouvées et de négliger les probables fait, qu'avec le temps,
certaines réserves probables deviennent prouvées et les réserves croissent. Aux
US l'analyse des réserves de 1985 à 1997 montre que les révisions + ajustements
ont représenté 65% des additions, les extensions 22%, les réservoirs profonds
6% et seulement 7% de nouvelles découvertes.
|
1985-1997 |
moyenne annuelle |
% |
% |
|
|
Mb |
additions |
révisions |
|
ajustements |
239 |
12 |
|
|
révisions positives |
2395 |
115 |
65 |
|
révisions négatives |
-1304 |
-63 |
35 |
|
révisions totales |
1091 |
53 |
|
|
extensions |
460 |
22 |
|
|
new reservoirs in old fields |
132 |
6 |
|
|
new fields |
153 |
7 |
|
|
additions |
2076 |
100 |
|
Cette croissance due à une
mauvaise pratique (obligée) de l'évaluation des réserves, par l'absence des
probables et des possibles, est représentée comme le résultat du progrès en
matière de techniques! C'est un tableau flatteur qui plaît beaucoup aux
compagnies américaines.
Dans le reste du monde,
notamment pour la Mer du Nord les réserves comprennent des prouvées et des
probables. Les études de BP, Statoil et DTI montrent que le nombre des
révisions négatives et positives sont du même ordre, mais le total en volume
est positif, car les grands champs sont souvent sous-estimés. L'étude de BP indique que les champs simples
sont sous-estimés et les champs complexes surestimés.
"Field growth" ou
"reserve growth" ou "reserve appreciation"
Cas des Etats-Unis
Ce "US reserve
growth" représente la différence entre la moyenne (mean = P≈ 40%) et
le mode (P≈ 65%), l'importance du "reserve growth" est grande
par rapport aux réserves à découvrir.
|
Annual report DOE/EIA
1997 |
Crude Oil |
Natural Gas (Dry) |
Natural Gas Liquids |
|
|
Gb |
Tcf |
Gb |
|
Lower 48 States |
|
|
|
|
Discovered |
|
|
|
|
Proved Reserves (EIA, 1997) |
17 |
157 |
7 |
|
Reserve Growth - conventional,
onshore+State offshore (USGS,1991) |
47 |
290 |
13 |
|
Reserve Growth - conventional, Federal
Offshore (MMS, 1995) |
2 |
33 |
NE |
|
Unproved Reserves, Federal Offshore
(MMS, 1996) |
2 |
4 |
NE |
|
Undiscovered, Technically Recoverable |
0 |
0 |
|
|
Conventional, onshore + State off (USGS, 1993) |
22 |
190 |
6 |
|
Continuous-type - sandstone, shale,
chalk |
2 |
308 |
>2 |
|
Continuous-type - coalbeds |
NA |
50 |
NA |
|
Federal Offshore - conventional (MMS,
1994). |
21 |
142 |
>2 |
|
Subtotal |
113 |
1174 |
NA |
Les études de "Field
growth" ne sont pas nombreuses et les modèles sont sommaires. DOE 1990
prétend un coefficient de 9 au bout de 100 ans. Le modèle de 1 baril estimé à
sa découverte devenant 7 barils 50 ans après, est basé sur un passé lointain
aux techniques primaires. Le dernier modèle valable est celui de MMS pour le
Golfe du Mexique OCS avec des données annuelles pour 900 champs où 1 baril
devient, 47 ans plus tard, 4, 5 barils.
L'étude 1992 pour le gaz à
terre donne un coefficient de 6 à 7 après 60 ans, mais dans un nuage de points
gigantesque.
Ce qui est valable est
l'évolution 10 ans après découverte, avant ce ne l'est guère. Ce qui est très
discutable est la première valeur à l'année de découverte
La figure 14 montre le
pourcentage de variation par année (moyenne sur 5 ans) pour les 380 champs les
plus importants des EU avec le pourcentage annuel moyen des champs du Golfe du
Mexique (étude MMS). On voit un nuage de points très important et l'on se
demande quelle est la validité de tracer une valeur moyenne.
Figure 14

L'étude de 200 champs US
majeur (OGJ) de 1960 à 1998 (figure 15) montre que les réserves ultimes sont
croissantes avec la production cumulée et que le ratio réserves restantes sur
production annuelle est toujours de l'ordre de 10 ans: c'est la règle du pouce
quand on ne sait pas bien la valeur des réserves.
Figure 15:

On peut analyser les
réserves US en prenant le modèle très simple de RR/aP=10 ans et un profil de
production avec un déclin de l'ordre de 4%/a (figurer 16). On obtient ainsi un
profil de croissance proche de l'étude US NPC sur le gaz
Figure 16:

Le modèle de "US
field growth" peut être représenté (figure 17) par des hyperboles simples
avec des asymptotes à 3, 5 (MMS GOM), 7 (US gas), 9 (USDOE)
Figure 17

L'importance du
"reserve growth" sur le potentiel du Golfe du Mexique (GOM OCS) est
évidente sur la figure 18 où sont reportées les courbes d'écrémage sans
croissance et avec croissance.
Figure 18:

La seule étude USGS qui
donne les découvertes annuelles estimées en 1990 (report 90-534) permet avec un le modèle de
croissance MMS de tracer (figure 19) les découvertes moyennes annuelles des EU
(48 états) et de tracer la courbe d'Hubbert la plus proche (calée sur la courbe
de tendance au 4e degré). Cette courbe représentant la moyenne (pic
en 1937) des découvertes est décalée de 33 ans façon à se placer au pic de la
courbe de la production (1970) et il est étonnant de voir combien la moyenne
découvertes se moule sur la courbe de production de 1900 à 1970 et que le
déclin de 1985 à 1997 correspond aussi à cette courbe. On peut donc prédire que
la production de l'huile conventionnelle des 48 états sera de l'ordre de 0.8
Mb/a en 2010
Figure 19:

Cas du reste du monde
Le reste du monde
travaille en prouvé+probable. Les provinces canadiennes de l'Ouest restent en
prouvé très dépendantes des EU, mais les provinces de l'Est sont en
prouvé+probable.
Le "field
growth" est alors la différence entre la moyenne (mean = P ≈ 40%) et
le médian (P = 50%)
Nous avons étudié la
variation du fichier Petroconsultants (prés de 18 000 champs) pour les champs
majeur (>100 Mb) de Nov. 96 à Sept. 97 et à Jan. 99.
|
variation |
négative |
nulle |
positive |
Gb |
Gb |
% |
%/a |
|
1196 à 0997 |
70 |
1385 |
147 |
1298 |
1315 |
1,3 |
1,6 |
|
0997 à 0199 |
89 |
1258 |
231 |
1308 |
1327 |
0,8 |
0,6 |
ces champs >100 Mb
représentent 90% des réserves de tous les champs.
La variation en pourcentage
(figure 20) montre là aussi un nuage de points considérable allant de -100% à
+plusieurs centaines. La variation est moindre pour les champs avant 1950 (pour
la plupart déplétés) mais sur les 20 dernières années il est difficile de
tracer une tendance, si ce n'est l'horizontale!
Figure 20:

Ceci montre le "field
growth" sur champs actifs, mais quid des champs en attente (huile: >40%
en nombre, 5% en volume) ou suspendu? Par exemple le champ suspendu de Manifa
en Arabie Saoudite est crédité de 16 Gb de réserve restante, mais certains
experts considèrent qu'il est déplété.
La variation de 97 à 99
des champs géants est très variable suivant les continents. Ainsi pour l'huile,
augmentation de 12,4 Gb au Moyen-Orient, 8,5 Gb en Amérique Latine, 3,8 Gb en Afrique,
2,5 Gb en Europe, O en Asie et diminution de 12,6 Gb en CEI. Pour le gaz, la
variation est encore plus erratique.
|
|
giant field growth from 0997 to 0199 |
|
|
|
|
|||||||
|
continent |
O 99-97 |
G 99-97 |
C 99-97 |
OGC 99-97 |
O Gb |
G Tcf |
C Gb |
OGC Gboe |
nb fields |
|||
|
|
Gb |
Tcf |
Gb |
Gboe |
0199 |
0199 |
0199 |
0199 |
|
|||
|
Africa |
3,8 |
-9 |
0,2 |
3,1 |
77 |
235 |
8 |
109 |
75 |
|||
|
% 0199 |
5 |
-4 |
2 |
3 |
|
|
|
|
|
|||
|
Asia |
-0,1 |
22 |
0,8 |
4,7 |
56 |
325 |
6 |
94 |
71 |
|||
|
% 0199 |
0 |
7 |
15 |
5 |
|
|
|
|
|
|||
|
CIS |
-12,6 |
98 |
5,2 |
2,4 |
187 |
1945 |
20 |
402 |
182 |
|||
|
% 0199 |
-7 |
5 |
26 |
1 |
|
|
|
|
|
|||
|
Europe |
2,5 |
-4 |
0,0 |
4,3 |
35 |
244 |
4 |
63 |
44 |
|||